Proton échoue à mettre Yamal 402 sur la bonne orbite !

Le lanceur Proton-M et le satellite Yamal 402

Le lanceur Proton-M et le satellite Yamal 402

Le lanceur Proton-M a échoué samedi 8 décembre à livrer le satellite Yamal 402 sur l’orbite de transfert géostationnaire. Ayant décollé du pad-39 de Baïkonour à 14h13 (heure française) samedi, le lanceur a échoué à sa mission a indiqué International Launch Services, l’opérateur de la fusée.

La faute revient à l’étage Briz-M, dernier étage de la Proton, qui entre en jeu 9 minutes 42 secondes après le décollage, en se séparant du troisième étage et effectuant 4 boost successifs. Ceux-ci permettent à l’ensemble Briz-M/satellite de passer de l’orbite dite de parking (177 km d’altitude pour une inclinaison de 51,5°) à l’orbite elliptique intermédiaire (périgée de 320 km, apogée  de 5000 km et inclinaison de 49,6°), puis à l’orbite de transfert (périgée 510 km, apogée 35 640 km, inclinaison 48°) et enfin à l’orbite de transfert géostationnaire (GTO) définie par un périgée de 7470 km, un apogée de 35 696 km et une inclinaison de 9°. Ces opérations prenant plus de 9h.

Le quatrième étage de la Proton : le Briz-M

Le quatrième étage de la Proton : le Briz-M

Malheureusement, le quatrième et dernier boost du Briz-M s’est terminé prématurément, pour une cause encore inconnue, et a lâché Yamal 402 sur une orbite non-nominale, proche de l’orbite de transfert du lanceur Longue March : inclinaison de 26,13° (au lieu des 9 prévus) et un périgée à 3101 km (au lieu des 7470).

Construit par Thalès Alenia Space, Yamal 402 embarque 46 transpondeurs en bande Ku pour couvrir des zones en Russie, en Afrique et en Europe pour le compte de Gazprom Space Systems. Les ingénieurs de Thalès Alenia Space ont confirmé aujourd’hui que l’état de santé du satellite était nominal, et que tout allait être mis en oeuvre pour que ce dernier atteigne sa position définitive à 54,9° sur l’orbite géostationnaire. Les coûts en terme de réduction de durée de vie du satellite n’ont pas encore été indiqués par Thalès Alenia Space.

Ce n’est pas la première fois que ce Briz-M fait parler de lui. Son dernier échec en date remonte à août dernier et avait entraîné un remaniement au sein d’ILS, orchestré par Poutine, et une revue de tous les moteurs. Il faut croire que ça n’aura pas permis de corriger le tir. Une nouvelle commission a été créée pour comprendre cet échec.

Pour revoir le décollage : http://www.youtube.com/watch?v=eC3aXUf78Uk&list=UUdF5d0UwSJJunRcRVzP1uDg&index=1

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Vega, le nouveau-né de l’ESA !

Vega sur son pas de tir à Kourou

L’évènement astronautique de ces prochains jours, est sans aucun doute le lancement, ce 13 février normalement, du nouveau lanceur de l’agence spatiale européenne : Vega.

Dernier né dans la gamme des lanceurs légers, Vega décollera depuis l’ancien pas de tir ELA 1 qui a vu s’élancer les 3 premières générations Ariane. Il a été conçu pour venir compléter la gamme de lanceurs de Kourou, qui disposait jusqu’à présent du lanceur Ariane V pour les charges lourdes, et du lanceur Russe Soyouz dans la catégorie charges moyennes (cf article précédent). Fort de sa capacité d’emport comprise entre 300 et 2500 Kg, Vega est un propulseur à propergol solide de trois étages, avant tout conçu pour mettre des charges utiles de 1500 Kg sur orbite basse (700Km).

Détails des différents éléments de Vega

Le vol inaugural, au doux nom de VV01, est programmé à 11h00 (heure de Paris) le 13 février, et disposera d’une fenêtre de lancement de 120 minutes. Il s’agit d’un vol dit de qualification, avant que son exploitation commerciale ne soit reprise par Arianespace qui prévoit deux lancements par an.

Ce premier vol embarquera le satellite italien Lares, le nano-satellite ALMASat-1 et 7 cubesat développés par des universités européennes. Ce vol confirme ainsi la montée en puissance des satellites dits miniatures, puisque Lares est une sphère de 36 cm de diamètre et 390 Kg, ALMASat-1 un cube de 30 cm de côté et 12,5 Kg, tandis que les 7 cubesat font tous 10 cm d’arrête et 1 Kg selon la norme des cubesat. Dans un souci de toujours réduire d’avantage les coûts et les temps de développement, on semble bien entrer dans une nouvelle ère spatiale, celle de la miniaturisation.

Vega confirme cette tendance d’un nouveau marché, celui des nano-satellites et des lanceurs de petite charge. A dans 4 jours donc, pour l’ouverture de cette nouvelle ère du spatial !

Lares, ALMSat-1 et les 7 cubesat embarqués dans la coiffe de Vega

Soyouz en Guyane !

Soyouz en route vers son pas de tir Guyanais

Après le dernier vol de la navette américaine, voici le premier vol de la fusée Soyouz au centre de tir français de Kourou ! Un lancement historique pour l’ESA et le Roscosmos, qui n’en sont du moins pas à leur première coopération. Historique pour beaucoup de raisons ! Soyouz, c’est un monstre, un monument dans la petite famille des lanceurs orbitaux depuis sa mise en orbite du premier homme dans l’espace (Gagarine en 1961), Roscosmos c’est l’héritier des agences spatiales mythiques du temps de la grande URSS et sa course à l’espace contre la NASA, le Centre Spatial Guyanais (CSG) est le centre de décollage des fusées françaises et européennes depuis 1973, et enfin un historique plus récent, avec la mise en orbite du tout premier satellite opérationnelle de la flotte Galiléo !

La toute première fusée R7

Avec l’incroyable palmarès de 1721 missions orbitales (toutes n’ont pas réussies), Soyouz est l’un des lanceurs les plus abouti dans la catégorie des lanceurs moyens (Ariane est par exemple un lanceur lourd), bénéficiant de plus de 60 ans de développement, incluant différentes versions jusqu’à celle qui décollera le 21 octobre du CSG. Il s’agit de la version 2.1b, dont le premier lancement a eu lieu le 27 décembre 2006, avec comme charge embarquée le satellite orbital français COROT. Ce n’est donc pas la première fois que l’Europe et la Russie travaillent ensemble pour le spatial.

Le centre spatial de Kourou a été choisi pour sa position proche de l’équateur,  idéale pour faire atteindre aux satellites une orbite géostationnaire. Par contre, habitué des lanceurs lourds type Ariane, il a fallu construire un nouveau pas de tir spécialement adapté aux caractéristiques de Soyouz. Dès 2002, les premières études franco-russes ont été menées par le CNES, ArianeSpace,  Starsem, l’agence spatiale Russe et des sociétés du spatial, pour aboutir au pas de tir final situé à 12 Km des ensembles de lancement Ariane.

Une R7 Soyouz au décollage

C’est de ce pas de tir que décollera Soyouz dans quelques instants !

Soyouz vu par en dessous sur son pas de tir Guyanais

Bonne chance et longue vie à Soyouz !

Le point sur Galileo et autres GPS

Le système GPS

pas moins de 31 satellites GPS tournent autour de la Terre à 20000 Km d'altitude

GPS, voilà un acronyme qu’on utilise tous les jours, sans forcément se douter que derrière les mots barbares de Global Positioning System, se cache une véritable armée de satellites tournoyant au-dessus de nos têtes. Mais une flotte européenne est sur le point de la concurrencer, nom de code : Galileo ! »
« – Tient, où se trouve ce resto ? – Regarde sur le Galileo ! »

A ce jour, l’Europe et une grande partie du monde utilisent en effet les satellites américains du GPS pour fournir des services de géolocalisation. Mais ceci pose des problèmes d’ordre géopolitiques : Obama peut décider demain de détériorer le signal et la France pourrait se retrouver à localiser ses militaires à 200 mètres près au lieu de 10 ! C’était d’ailleurs presque le cas jusqu’en 2000 où Bill Clinton a fait cesser le brouillage volontaire du système GPS… Bien-sûr, la Russie et avant elle, l’URSS, avait paré l’affaire en développant GLONASS, système beaucoup moins connu par chez nous.

C’est pourquoi l’Europe (France, Allemagne, RU, Espagne) développe maintenant son propre projet de géolocalisation depuis 2001 : Galileo ! Et de nombreux autres pays se sont montrés intéressés par le projet, notamment depuis 2005, date de lancement du premier satellite du projet : Giove-A.

le premier de la flotte

Vue d'artiste de Giove-A

Ce dernier vol à 23260 Km et a une mission plutôt modeste mais indispensable : il s’agit de réserver la bande de fréquence (entre 1000 et 1600 MHz environ) qui sera utilisée par Galileo, afin d’en conserver les droits ! Lancé le 28 décembre 2005, il a transmis le premier message de navigation le 7 mai 2007 !

Giove-B, développé par EADS-Astrium et Thalès,  a été lancé en avril 2008, avec une mission quasi-similaire mais gagnant en précision et stabilité. Voilà le point intéressant de Galileo : sa flotte d’une trentaine de satellites annonce être plus précise et plus fiable que celles du GPS !

A ce jour, ces deux satellites sont les seuls précurseurs en orbite de Galileo, qui promet d’être opérationnel en 2014. Cependant, un événement de taille est sur le point d’arriver d’ici un mois : le lancement de deux satellites Galileo par une fusée Soyouz depuis le centre français de Kourou !

Soyouz

Giove-A avait également été lancé par une Soyouz, mais depuis Baïkonour

Mais je me réserve un autre petit article pour vous en dire d’avantage… ! 😉

Un dernier vol

Double émotion en commençant la rédaction de cet article, qui tient le rôle clé de début et de fin ! Début, car enfin, depuis le temps que je passe mes soirées sur les sites de la NASA, de l’ESA ou sur le portail de l’astronautique de wikipedia, je me lance enfin dans un blog qui participera à faire découvrir aux utilisateurs de la Toile une de mes passions : l’astronautique ! Et pour cause ! Dans quelques jours, le 8 juillet sauf report, nous allons vivre un tournant de la conquête spatiale : le dernier vol de la navette spatiale américaine !

Atlantis au décollage

Une navette plus toute jeune

Son p’tit nom c’est STS, pour Space Transportation System. Bien-sûr, il n’y en a pas eu qu’une seule, et chacune de ses différentes versions porte un nom un peu plus sympathique ; la dernière à s’élancer vers le ciel : Atlantis ! Il s’agira de la mission STS-135, pour la 135ème et dernière mission de la navette (mais moins de vols, car plusieurs furent annulés).

C’est en 1969 que le projet d’une navette spatiale commença à être évoqué, pour succéder au programme Apollo (donc l’incroyable objectif était notre satellite naturel !), couronné de succès le 21 juillet 1969 avec cette célèbre phrase d’Amstrong : « That’s one small step for a man, one giant leap for mankid ». Et c’est en 1972 que commença son développement. Petit bébé de ce projet : la navette Enterprise qui vu le jour en 1975 et permit à la NASA d’effectuer de nombreux vols d’essais, sans toutefois être mise en orbite. La première vraie navette fut Columbia, qui prit son envol le 12 avril 1981 pour se mettre en orbite autour de la terre.

Décollage de Columbia pour la première mission STS

Mais sa première véritable mission eu lieu pour STS-5 avec pour objectif le déploiement de deux satellites de télécommunications : Anik C3 et SBS-C.

De nombreux frères et sœurs

Enterprise (1975 donc) servit seulement aux tests, ce qui n’était pas forcément le plus glorieux, mais tout de même d’avantage que Pathfinder (1977), qui n’est qu’une simple maquette en acier servant aux tests de gabarit et de manutentions.
Mais il y eu au total 5 vrais orbiteurs : Columbia (1981-2003), Challenger (1983-1986), Discovery (1984-2011), Endeavour (1992-2011) et celle qui est à l’honneur aujourd’hui : Atlantis (1985-2011).
Columbia et Challenger eurent des fins tragiques après de nombreuses années de gloire, et les trois autres partent à la retraite cette année, mais toutes ont effectuées de nombreuses missions avec un record de 39 vols pour Discovery.

Discovery en orbite autour de la Terre lors de la STS-133

Atlantis, 33ème et dernier vol !

Atlantis, c’est un peu la James Bond des navettes, puisqu’elle s’envola pour la première fois le 3 octobre 1985 (STS-51-J) avec un mystérieux chargement classé secret défense ! Et entre des vols de mise en orbite de satellites (Magellan, Galileo, CGRO…), elle récidiva plusieurs fois au cours des missions STS-27, 36, 38, et 44 !
Mais elle fut également celle qui participa le plus au développement de MIR, la station spatiale Russe (missions STS-71, 74,76, 79, 81, 84, et 86) entre deux Soyouz. Comme les autres navettes, l’ensemble de ses dernières missions furent consacrées à l’assemblage de la fameuse et impressionnante Station Spatiale Internationale (ISS) ou à la maintenance d’un télescope spatial qui m’est cher : Hubble (STS-125).
Pour son dernier vol, dans 5 jours si tout va bien, Atlantis amènera justement à l’ISS le module Raffaello, une sorte de grosse boîte de conserve spatiale qui permet de transporter tout un tas de ravitaillement pour la station.

Le module Raffaello fixé à l'ISS

Je m’incline bien bas chère navette !

Et oui, chapeau bas donc, pour l’ensemble de ce programme STS, qui a fait rêver plusieurs générations de passionnés ! Une belle page se tourne, mais comme nous le rappelle l’administrateur général de la NASA dans un article publié aujourd’hui sur leur site, une nouvelle commence ! A mon plus grand bonheur, l’ISS continue ! De nombreux satellites sont sur le point d’être envoyés, un nouveau télescope pour succéder à Hubble ! Et un tas de projets pour Mars !

Longue vie donc à la conquête spatiale !